Télévision et retard de langage.

L’article original est paru en juin 2009 dans la revue Archives of Pediatrics and Adolescent Medicine.
Il s’agit d’une étude remise d’actualité par certains médias, notamment l’Express dans son édition numérique du 4 novembre dernier.

Après dix ans d’observation, Dimitri Christakis, professeur en pédiatrie de l’université de Washington, fait un lien direct entre le retard de langage observé chez les enfants de moins de deux ans et l’exposition à la télévision. Selon ses conclusions, « La télévision allumée à la maison réduit clairement la verbalisation à la fois chez les enfants et ceux qui s’en occupent, et est donc potentiellement néfaste pour le développement des bébés ». Information reprise par des sites les plus divers traitant des sujets concernant la petite enfance.
A replacer dans le contexte américain, sachant qu’ […] « aux Etats-Unis, 30 % des foyers laisseraient leur télévision allumée en permanence, y compris quand personne ne la regarde« . Mais cette situation est-elle vraiment différente chez nous ?

Cette correspondance interpelle les réflexions que nous avions menées sur les interactions nécessaires entre l’adulte et l’enfant, et sur la qualité de ces interactions au sens où elles doivent être adaptées au niveau de l’enfant (Zone Proximale de Développement). Nous avions même traité cette question lors d’une animation pédagogique sur Soissons en passant au crible les interactions, réponses, questionnements d’une enseignante lors d’un dialogue avec l’élève dans la phase de réalisation d’un album-écho –> voir ici.
Philippe Boisseau traite de l’importance et de la nature des interactions dans une contribution sur le site du CNDP.

Pour en revenir à l’étude en question, il apparaît que par le phénomène de télé baby-sitter, l’absence ou la faiblesse des interactions de la part des parents / adultes a une incidence sur le développement langagier de l’enfant, que ce soit au niveau qualitatif ou quantitatif : « Pour chaque heure pendant laquelle la télévision est allumée, les enfants entendent entre 500 et 1.000 mots de moins de la part des adultes. »

En résumé, la télévision amènerait un retard de langage en ne tenant pas compte de la ZPD de l’enfant, à contrario des adultes accompagnants qui le font naturellement par leurs interactions,.

Pour compléter cette approche, en dommage collatéral, pourrait-on dire, une autre étude enfonce le clou.
Il s’agit de celle réalisée par le Pr. Graham Martin OAM (Université du Queensland, Australie), rapportée dans un article intitulé On the impact of television on young people, indiquant que l’exposition trop précoce à la télévision provoquerait ainsi, par l’absence de stimuli et d’interaction, un défaut d’attention qui s’inscrirait sur le long terme.

François Bertram

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Une réponse à Télévision et retard de langage.

  1. Colette dit :

    Merci à François pour cette intéressante publication. Ces informations sont à diffuser le plus possible et surtout auprès des parents car beaucoup pensent, à l’inverse de ce qui est mis en évidence dans cet article, que les enfants enrichissent leur langage devant la télévision.

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